Niché sous le restaurant Datsha, le club Spootnik est un écrin rétro-futuriste inspiré de la conquête spatiale, où le prestige du décor rencontre une exigence technique absolue. Pour sublimer cette atmosphère unique, j’ai été chargé de concevoir et d’installer un système de lustres motorisés alliant mouvement de précision et mise en lumière dynamique.

Lieu

Le projet s’est déroulé au Spootnik, le club situé au sous-sol du restaurant Datsha Underground, en plein cœur de Paris.

Rôle

En tant que Référent Technique pour AC3 Studio, j’ai assuré la conception, le dimensionnement, le câblage et la programmation de l’ensemble du dispositif motorisé et lumineux.

Description du projet

L’objectif était d’animer le plafond du club avec deux lustres motorisés. Le défi majeur résidait dans la rotation continue des structures : il fallait acheminer la puissance électrique (230V) et les données de contrôle des LED vers une partie en mouvement perpétuel, tout en garantissant une stabilité de signal supérieure à celle du Wi-Fi, que j’ai écarté pour sa trop grande instabilité dans un environnement club.

Détails techniques

Pour répondre aux contraintes de rotation et de fiabilité, j’ai mis en œuvre une solution hybride combinant mécanique robuste et conversion de signal innovante :

  • Motorisation : Utilisation de deux DMX Rotator de chez Wahlberg, permettant une rotation fluide et contrôlée via le protocole DMX.
  • Éclairage LED : Les cerces sont équipées de rubans LED WS2813
  • Pilotage : L’ensemble des animations lumineuses est généré par le logiciel Madrix, offrant une gestion pixel-par-pixel.
  • Solution de transmission (Le défi des 4 fils) : Le moteur Wahlberg ne disposant que de 4 contacts dans son collecteur tournant, j’ai optimisé chaque fil :
    • 2 fils dédiés à l’alimentation (Phase + Neutre en 230V), la terre étant reprise sur la carcasse.
    • 2 fils dédiés aux données. Pour faire passer un signal réseau (RJ45/Art-Net) sur seulement deux conducteurs, j’ai intégré un système 2N 2wire. Ce convertisseur a permis de transformer le signal Ethernet en un signal robuste sur deux fils pour traverser le rotor, avant d’être reconverti en RJ45 de l’autre côté pour piloter les contrôleurs LED.
  • Structure : Utilisation de cerces métalliques sur mesure pour supporter les rubans LED et l’électronique embarquée.

Le mot de l’expert

Sur ce projet, le choix du système 2N 2wire a été la clé de voûte de la fiabilité. Bien que détourné de son usage premier (l’interphonie IP sur vieux câblages), il s’avère être une solution redoutable pour les scénographies motorisées où le nombre de passages dans les collecteurs tournants est limité.
A refaire, je me focaliserais plus sur la partie connectique en entrée des cerces, car cette partie soudée est relativement fragile. Par exemple en y intégrant une connectique type XLR.