Symbole d’un design sensoriel et poétique, la lampe Aérobie de Pierre Charrié est une œuvre où la forme rencontre l’invisible pour traduire la qualité de notre environnement. J’ai eu le privilège d’intervenir sur la conception de son intelligence embarquée lors de mon passage chez Interface-Z.
Rôle
En tant qu’apprenti ingénieur électronique, ma mission s’est concentrée sur le développement et le prototypage de la carte électronique maîtresse de l’objet, incluant l’intégration des capteurs et la gestion du comportement physique de la lampe.
Description du projet
La lampe Aérobie n’est pas un simple luminaire ; c’est un objet « vivant » qui réagit à son environnement. Elle utilise un capteur de pollution (CO2) pour surveiller la qualité de l’air intérieur. Lorsque le seuil de pollution devient trop élevé, la lampe manifeste une gêne physique par un mouvement de battement, simulant une respiration difficile, afin d’alerter l’utilisateur sur la nécessité d’aérer la pièce.


Détails techniques
Le défi technique reposait sur la transformation d’une donnée gazeuse en une réponse mécanique fluide et organique.
- Microcontrôleur : Utilisation d’un PIC (Microchip) pour la gestion de la machine à états et le traitement des signaux.
- Capteurs : Intégration d’un capteur de CO2 haute précision pour la mesure en temps réel de la qualité de l’air.
- Actionnement vibratoire : Mise en œuvre d’une solution basée sur l’enregistrement d’une onde sonore à très basse fréquence. Cette onde, une fois amplifiée et transmise, génère les vibrations nécessaires pour faire osciller la structure de la lampe sans bruit mécanique parasite.
- Développement : Saisie de schémas et routage de la carte électronique sur mesure sur Proteus ISIS/ARES, optimisée pour s’insérer dans le pied restreint de l’objet.


Date du projet
Le développement technique de cette version a eu lieu en 2014.
Partenaires
Un projet réalisé pour le designer Pierre Charrié, au sein de l’entreprise Interface-Z (www.interface-z.com).
Le mot de l’expert
Ce qui rend ce projet fascinant d’un point de vue d’ingénieur, c’est le détournement du signal audio pour générer du mouvement. Utiliser une onde sonore très basse fréquence plutôt qu’un moteur classique permet d’obtenir un battement « organique » et silencieux, indispensable pour ne pas briser la poésie de l’objet. C’est une parfaite illustration de la manière dont l’électronique peut se faire oublier pour laisser place à l’émotion.
